Niché au c½ur de la casbah algéroise, le bar est faiblement éclairé. On tombe sur lui au détour d'une ruelle tortueuse, comme c'est toujours le cas ici. La porte est grande ouverte et l'on entend les conversations feutrées des hommes attachés à savourer un thé fumant. Certains sont accoudés au comptoir, cigarette à la main. Le patron essuie les verres. Au-dessus de sa tête : une photo jaunie, mais qui attire l'½il immédiatement. Le portrait d'un homme jeune au visage comme taillé à la serpe et aux yeux noirs plus blessants qu'une lame de couteau. C'est Ali Ammar, plus connu sous le nom d'Ali-la-pointe. Le guérillero urbain, figure emblématique de la bataille d'Alger. Le chahid, « martyr », encore présent dans le c½ur et l'esprit des Algériens, mort le 7 octobre 1957 dans l'explosion de sa cache, avec deux compagnons de lutte : un enfant, Omar Bou Hamadi, et une femme, Hassiba Ben Bouali.
Pour revivre les derniers instants de ces combattants, il y a le très beau et très nécessaire film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d'Alger. Le réalisateur y filme des scènes d'anthologie, notamment celles qui se passent dans cette cache, où la caméra est au plus près des visages des combattants. Mais La Bataille d'Alger ne peut se réduire à cela. C'est un film bien plus vaste, qui relate l'insurrection algéroise de 1954 jusqu'à la fin de la guerre. Et c'est un film dont l'histoire chaotique et mouvementée est à elle-seule digne d'un scénario !
Pour revivre les derniers instants de ces combattants, il y a le très beau et très nécessaire film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d'Alger. Le réalisateur y filme des scènes d'anthologie, notamment celles qui se passent dans cette cache, où la caméra est au plus près des visages des combattants. Mais La Bataille d'Alger ne peut se réduire à cela. C'est un film bien plus vaste, qui relate l'insurrection algéroise de 1954 jusqu'à la fin de la guerre. Et c'est un film dont l'histoire chaotique et mouvementée est à elle-seule digne d'un scénario !


